Bruno Fahy PhotoBlog

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Parlons photo !

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Ma 1è World Cup

Messages diversPosted by Bruno Fahy Wed, October 29, 2014 16:43:04


Ma première World Cup
par Bruno Fahy

Je pense que je m'en souviendrai longtemps: ce coup de fil du responsable photo de Belga. « J'ai donné ton nom à la FIFA, je pense que c'est une bonne idée que tu ailles faire des photos pour nous à la coupe du monde au Brésil » m'avait-il lancé, directement. Alors voilà, plus qu'à attendre les mois qui me séparaient du vol vers ma première World Cup et de ses diverses expériences...
Après quelques tergiversations email-esques pour les accréditations FIFA (des mois entre les attentes de confirmation, codes etc..) , tout commence vraiment dans l’avion vers Sao Paulo, encore sur le tarmac de l'aéroport de Zaventem : on a pu faire quelques photos des sièges des joueurs et même l'entrée des Diables dans celui-ci. Retrouver son siège pour vite envoyer les quelques photos en catimini avant le décollage.
L'arrivée au Brésil fut chahutée : la sortie des joueurs a posé problème aux autorités et j'ai pu avoir, à la volée, quelques images.
Ensuite, le bus vers l'hôtel Guararema, qui allait être notre camp de base pendant près d'un mois . Eloigné du centre d'entraînement (une volonté de l'Union Belge), et situé dans un village minuscule et retiré, cet hôtel de la presse était un bon choix : calme, propre, sympathique.
Le centre d'entraînement « Paradise Resort » à Mogi : la tente climatisée en guise de press room a vite montré ses limites, surtout quand les journalistes étrangers sont arrivés. Pas sécurisée, wi-fi capricieux (mais Belga avait pris l'option de payer la location du câble… beaucoup trop cher), frigo vite à sec vu la chaleur. Le travail à Mogi n'était pas simple pour nous : Marc Wilmots a changé ses horaires presque quotidiennement. Nous étions prévenus la veille (parfois tard). Deux ou trois entraînements se sont fait sur un terrain annexe entièrement grillagé : difficile d'avoir des images correctes. Impossible d'avoir des portraits de joueurs, ni dans l'hôtel, ni dans des activités hors football. Seulement donc à l'entraînement ou lors des interviews TV ou pendant les conférences de presse.... très mal éclairées...bref, la débrouille !
Pour les matches : Impressionné par les infrastructures FIFA et par la beauté des stades, les conditions de travail étaient très bonnes : prises de courant et internet câblé sur le terrain (pour 250 photographes), l'espace était toutefois réduit...ça a joué un peu des coudes pour travailler smiley .

Concernant les vols et transferts : c'est là le plus gros souci. Tout s'est plutôt bien déroulé pendant les matches du 1er tour, si ce n'est par exemple que le choix des hôtels n'était pas des meilleurs. Pour le tour suivant, tout s'est compliqué. Complètement abandonnés par notre voyagiste, nous avons dû, sur 1 heure, chercher vols et hôtels vers Salvador de Bahia, tout cela au prix fort, sur des vols différents, hôtels différents.... alors que ce déplacement était relativement prévisible (1ers du groupe) . Avec le décalage horaire, il fut difficile de contacter nos rédactions et chefs en Belgique pour avoir les accords pour débloquer les fonds pour pouvoir voyager. Cela a pourri l'ambiance de quelques soirées. Problèmes qui auraient pu prendre une tournure dramatique à l'issue du match de quart de finale à Brasilia…Pas facile de trouver un vol pour aller à Brasilia, et quelques heures avant le match (!) nous ne savions pas encore comment nous allions rentrer vers Sao Paulo (et vers Guararema où étaient une partie de nos bagages). La solution : un « bus de luxe » autour de 500 euros pour un trajet de +/- 12heures. Mais finalement presque la totalité des journalistes avaient réservé un vol pour rentrer (sans prévenir, merci la solidarité). Nous nous sommes donc retrouvé à 6 photographes pour les deux bus et avons entamé notre dangereux périple (attaque du bus en pleine nuit) vers Sao Paulo dans un car qui n'avait rien de luxueux : pas de couchettes, pas de repas (seulement un peu d'eau). Nous avons également dû changer notre itinéraire en cours de route : Wilmots faisait une conférence de presse à Mogi à 11h : nous avons donc mis le cap vers le Paradise. Nous sommes arrivés à 10h et quelqu'un de l'Union Belge n'a pas voulu que l'on nous ouvre les grilles pour nous installer. Nous avons donc dû attendre 1h au soleil (après les 12h de car) pour pouvoir enfin rentrer dans ce centre de presse (sans électricité ni boissons) pendant que des collègues cherchaient une solution pour ramener nos bagages de Guararema à Mogi. Dommage de terminer une expérience unique comme une coupe du Monde par des faits pareils... et bizarrement on a déjà envie d'y retourner.... Car personnellement mon objectif était rempli, et bien rempli....

Quelques mois après mon retour, je dois encore me pincer aujourd'hui pour me dire que ce n'était pas un rêve, que j'ai pu aller au bout de ma passion. Honnêtement, pour un photographe de football, une coupe du monde au Brésil pour y suivre une équipe qui a donné tant de rêve et de bonheur aux supporters belges, on peut difficilement espérer mieux. De la fête FIFA sur Copacabana au Maracana, des entraînements sous les palmiers de Belo Horizonte aux tribunes presque verticales de Sao Paulo...qui n'a pas rêvé de ça ? Oui, il y a eu des moments difficiles (au niveau familial aussi, évidemment..) mais aujourd'hui, reste les images.... et si il fallait en choisir une...

...pourquoi pas celle-ci ?










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